
Qui est Pauline Dujancourt, la créatrice française qui a conquis les podiums Londoniens
Des ses études en passant par sa participation au prix Lvmh jusqu'à sa collection FW25 à peine présentée
25 Février 2025
Hier, la semaine de la mode Londonienne qui a vu défiler diverses collections FW25-26 toutes plus avant-gardistes et intéressantes les unes que les autres s'est conclue tout en douceur par le show Burberry. Pourtant, avant de nous lancer à corps perdu dans l’analyse des nouveautés que l’on découvrira cette semaine lors de la fashion week de Milan, suivie de celle de Paris, n’allons pas trop vite en besogne, et prenons le temps de nous arrêter sur une figure de la mode française qui a su tirer son épingle du jeu cette semaine parmi les créateurs anglais. Entre des noms connus et reconnus de la scène mode londonienne comme Thom Browne, d’autres dont on parle toujours plus comme Sinéad O’Dwyer ou d’autres encore qui incarnent la folie britannique tels que Dilara Findikoglu, Pauline Dujancourt, jeune créatrice parisienne, a réussi à s’imposer comme les grands et à braquer tous les projecteurs sur elle avec sa délicate collection FW25.
Après avoir étudié la mode et le design textile à l’École Duperré de Paris suivi d’un master à la Central Saint Martins de Londres, elle développe un amour particulier pour le travail de la laine, le crochet et le tricot et lance sa marque éponyme en 2022, après avoir fait ses premières armes aux côtés de grands créateurs anglais dont Simone Rocha. L’année dernière, elle concourait aux côtés de Duran Lantink, Ellen Hodakova Larsson ou encore sa voisine belge Marie Adam en tant que finaliste du très convoité prix Lvmh. Bien qu’elle soit repartie les mains vides, la française n’a depuis eu cesse de montrer au monde de quel bois elle se chauffe, mais tout en douceur. Inspirée par sa grand-mère, la FW25-26 de Pauline était justement une ode à la délicatesse et à la sensibilité, tournée autour du concept de floraison : « Lorsque ma grand-mère était en vie, mon père et ses frères et sœurs lui ont offert une plante qu'elle gardait, et celle-ci avait une grande fleur, mais elle est morte et n'a jamais repoussé », explique la créatrice au British Vogue. « Lorsqu'elle est décédée, mon oncle a gardé la plante et l'a multipliée pour que toute la famille puisse en avoir une. Et pour mon oncle, ma tante et mon père, cette plante fleurit chaque année en février, ce que nous trouvons magnifique car l'anniversaire de ma grand-mère était en février.»
La délicatesse des fleurs se retrouve à travers un sens du drapé précis, fragile mais puissant à la fois, et des silhouettes déconstruites pour mieux repousser, comme la plante qui a fait office de muse à Pauline. Les matières légères et aériennes comme le mohair, le satin de soie et le tulle de plumes mêlées à la laine apportent le parfait équilibre entre lourdeur et légèreté. Inspirées des œuvres de l’artiste britannique Tracey Emin, les pièces sont colorées de teintes oscillant entre le rouge profond et dramatique et le gris vaporeux représentant le deuil, le besoin de garder en tête nos souvenirs confrontée à l’envie de s’en détacher pour ne pas souffrir. Contrairement à ses collègues anglais peut-être plus radicaux et provocateurs, Pauline arrive tout en subtilité et en douceur à capter l’attention des initiés de la mode par une approche d’une sensibilité authentique et organique qui touche son public entier, des roses les plus piquantes aux orchidées les plus fragiles.